Mon nom est Personne est un western spaghetti sorti en 1973 et
réalisé par Tonino Valerii.
Synopsis :
L'action se déroule en 1899 à la
fin de la conquête de l'Ouest. Jack Beauregard, interprété par Henry Fonda, est
un héros vieillissant qui veut quitter les États-Unis pour aller finir ses
jours en Europe. Avant de payer son passage en bateau pour le Vieux Continent,
il souhaite venger la mort de son frère Nevada Kid qui exploitait une mine d'or
avec un certain Sullivan, son associé. Sur sa route il croise un jeune
aventurier (Terence Hill) qui se présente comme étant "personne",
admirateur facétieux de Beauregard depuis son enfance, qui multiplie les
calembours et semble chercher son amitié. Alors que des hommes de main de
Sullivan essayent de le tuer, Jack Beauregard est sauvé par l'inconnu qui lui
fait part de son admiration en relatant ses exploits passés du temps où
Beauregard était un justicier exceptionnel connu dans la région.
Lorsqu'il se rend au cimetière où
est enterré Nevada Kid, Jack Beauregard n’y retrouve à nouveau «Personne» qui
semble s'intéresser de près à ses moindres faits et gestes. Au cours d'un faux
duel d'intimidation, «Personne» ne finit par dévoiler à Jack ses intentions :
il veut voir son héros d'enfance accomplir un dernier exploit : affronter à lui
tout seul « La Horde Sauvage », une bande de 150 gangsters qui sèment la
terreur dans toute la région, afin qu'il entre définitivement « dans les livres
d'Histoire ».
Mais Jack Beauregard n'a que faire
des rêves d'enfance de Personne. Il rencontre enfin Sullivan qui est aux ordres
de La Horde Sauvage pour transformer en or de sa mine l'or volé par la bande.
Au lieu de venger la mort de son
frère et tuer Sullivan, Jack accepte les sacs d'or que celui-ci lui donne pour
compenser la mort de Nevada Kid. Jack Beauregard rencontre à nouveau Personne
et essaye de lui expliquer pourquoi il a accepté l'or et renoncé à venger son
frère : selon lui, Nevada Kid était « un salaud de la plus belle espèce qui,
pour une poignée de dollars, tirait dans le dos d'un ami ». Devant la déception
de Personne, Jack Beauregard essaye de lui faire la morale et de lui expliquer
qu'il ne tient pas à entrer dans l'histoire, que le "bon vieux temps"
dont parle Personne n'a jamais existé. Il quitte Personne convaincu d'aller
prendre un train rempli d'or qui le mènera à son bateau ; mais c'était sans
compter sur la malice de Personne qui avait volé ce train et qui lui a préparé
une tout autre sortie.
Alors qu'il s'approche du train, il
découvre que Personne en est le conducteur et qu'il l'empêche de monter à bord.
C'est en voyant la nuée de poussière soulevée par La Horde Sauvage venant
attaquer le train que Jack Beauregard comprend que Personne est arrivé à ses
fins : lui faire affronter seul la meute de cavaliers. Après une fusillade
épique où Beauregard tue des dizaines de bandits en faisant exploser à coups de
"winchester" les cartouches de dynamite qu'ils gardaient dans les
fontes de leur selle, Personne laisse enfin Beauregard monter dans le train.
Beauregard demande alors à Personne comment il a prévu de le faire sortir de la
légende après l'y avoir fait entrer. Celui-ci répond qu'il n'y a qu'un seul
moyen : le tuer. Le lendemain, dans les rues de la Nouvelle-Orléans, Personne
et Jack Beauregard s'affrontent en duel devant la foule et devant un
photographe venu pour immortaliser cet instant. Jack Beauregard est tué par
Personne et le lendemain, sur sa tombe, le restant de La Horde Sauvage venu se
venger peut lire "Jack Beauregard, 1848-1899. Personne était plus rapide
que lui."
La voix "off" de Jack
Beauregard accompagne, telle un fantôme, Personne à travers les rues de la
Nouvelle-Orléans jusqu'à une échoppe de barbier où va se renouveler la première
scène du film, avec cette fois Personne en victime potentielle des bandits à la
place de Jack.
C'est alors que la caméra entraîne
le spectateur sur le bateau qui emmène un Jack Beauregard bien vivant vers
l'Europe. La voix "off" récitait la lettre que le vieux pistolero,
revêtu d'habits de marin, est en train d'écrire à Personne, instigateur du duel
truqué qui a permis à Jack de « dire adieu à l'Ouest » tout en entrant dans les
livres d'Histoire.
Le western-spaghetti :
Sous-genre du western classique,
le western-spaghetti, ou western italien, est un dérivé sarcastique du cinéma
américain. Alors que le western voyait sa fin approcher à grands pas, des
écrivains comme Sergio Leone l’ont sauvé de l’oubli. Cependant, le western
italien ne sera que peu reconnu à cause du peu de films associés à ce genre.
Mais sa quantité ne l’a pas empêché d’exercer une influence considérable sur le
reste du genre.
Codes du western-spaghetti :
Le western-spaghetti se
différencie du western classique américain pas son rapport à la loi et au bien.
Il ne met pas en avant le triomphe du bien, guidé par la loi, ou des valeurs
nationalistes et fondatrices de l’Ouest. Il fait plus figure de comédie à côté
de son grand frère du Nouveau continent. La violence et la sexualité sont
exagérées, la simplicité fait office de mot d’ordre et surtout, l’humour est au
rendez-vous.
D’un point de vue plus
esthétique, le western-spaghetti s’exprime au travers d’angles de caméra plus
originaux, comme la contre-plongée et la plongée, pour apporter un côté plus
dramatique à certaines scènes. L’utilisation de grands plans larges est aussi à
noter.

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